Les insectivores ont la pêche !

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	Oiseau la Vierge (Terpsiphone bourbonnensis) m&acirc;le cherchant des insectes dans une ravine</p>
Beaucoup des passereaux endémiques de la Réunion sont insectivores. Mais les insectes ne vivent pas tous dans les arbres, certains sont aussi aquatiques. Et nos oiseaux la Vierge et tec-tec s’en régalent…

Le chakouat se mouille…

Dans cette jolie ravine à l’eau qui chante dans les Hauts du Sud sauvage, le plus assidu est l’oiseau la Vierge. Ce nom indique le respect qu’ont les « poseurs de colle » pour lui. On l’appelle aussi « chakouat », pour mieux mémoriser son cri d’alarme qu’il pousse rarement et essentiellement en période de reproduction. Son nom français, terpsiphone de Bourbon, vient de son nom scientifique Terpsiphone bourbonnensis.

Cette espèce endémique de la Réunion a des espèces proches dans toutes les iles de l’Océan Indien, toutes issues d’un même ancêtre africain (évolution radiative).

Les chakouats sont strictement inféodés à la forêt et essentiellement à la forêt primaire. Leur régime alimentaire est constitué uniquement d’insectes qu’ils capturent dans le feuillage, parfois en les faisant s’envoler. Contrairement aux tec-tec, autres oiseaux endémiques insectivores, ils ne chassent presque jamais au sol.

Surprise, la flèche grise et rousse qui file au raz de l’eau n’est évidemment pas celle d’un martin pêcheur… C’est le plus souvent le mâle que je vois sauter sur les rochers pour repérer et capturer de petites proies. Je ne sais pas déterminer les espèces capturées – je laisse cela pour une prochaine vie !? 😉

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	Oiseau la Vierge (Terpsiphone bourbonnensis) m&acirc;le avec un insecte dans le bec dans une ravine</p>
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	Oiseau la Vierge (Terpsiphone bourbonnensis) m&acirc;le cherchant des insectes dans une ravine</p>
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	Oiseau la Vierge (Terpsiphone bourbonnensis) m&acirc;le cherchant des insectes dans une ravine</p>

Encore plus curieux, il lui arrive de s’agripper au basalte dans l’eau peu profonde. Il résiste alors au courant pendant quelques instants et observe soigneusement son environnement avant de sauter plus que voler vers une proie. Magique ! reflex et réflexes indispensables.

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	Oiseau la Vierge (Terpsiphone bourbonnensis) m&acirc;le avec un insecte dans le bec dans une ravine</p>

Plus acrobatique, il lui arrive aussi d’attraper en volant au raz de l’eau des insectes qui vivent sur la surface aquatique, de type Gerris. Malheureusement, je n’ai pas de photos. Encore un défi…

Sur le même cours d’eau, avec ce mâle, plusieurs femelles ont également pêché mais plus occasionnellement. A noter que si les chakouats sont habituellement très tolérants envers l’humain, tous ces oiseaux vus à la pêche sont beaucoup plus farouches, probablement à cause de leur position au sol, inhabituelle pour eux.

… et le tec-tec se sèche

Au même endroit, en attendant « mes » chakouats, j’ai eu la chance et surprise de voir un couple de tec-tec venir également à la pêche.

Le tarier de la Réunion ou tec-tec, à cause de son petit cri d’alarme, est sans doute l’oiseau endémique le plus connu. Il est connu des promeneurs qu’il approche, pas tant pour notre plaisir que pour essayer de capturer un insecte que l’humain pourrait faire s’envoler en passant !

C’est donc un passereau insectivore, qui chasse les insectes essentiellement au sol.

Sur cette ravine, mâle et femelle tec-tec chassent également les insectes, souvent au raz de l’eau mais en restant au sec sauf une fois où une femelle a prolongé un « plouf » victorieux par une longue toilette au soleil !

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	Tec-tec (Saxicola tectes) m&acirc;le cherchant des insectes dans une ravine</p>
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	Tec-tec (Saxicola tectes) femelle cherchant des insectes dans une ravine</p>
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	Tec-tec (Saxicola tectes) femelle se s&eacute;chant apr&egrave;s un bain dans une ravine</p>

Non mais à l’eau quoi !

Ainsi, en cet hiver austral, les oiseaux observés et photographiés ont élargi leur niche alimentaire aux insectes aquatiques de cette ravine et ce comportement semble observé sur d’autres ravines. Le font-ils toute l’année ? ou est-ce un comportement hivernal, quand les insectes « aériens » se font rares ? Voilà encore une bonne raison de sortir ! 😉

Qui a dit qu’avec les oiseaux de la Réunion, on a vite fait le tour ? S’il est vrai que notre volcan isolé dans l’océan indien n’accueille qu’un nombre réduit d’espèces (et encore réduit de moitié depuis la colonisation humaine…), cela n’en rend que plus pertinentes les observations de comportement, alors tous aux jumelles ! 🙂

Merci à Jean-Claude qui m’a mis sur une bonne piste, à Serge et Étienne pour ces bons moments d’affûts où l’œil scrute et l’esprit divague.

Plus de renseignements sur le chakouat :

et sur le tec-tec :

Et d’autres photos sur ma galerie http://laneb.re/photos/index.php?/category/7.

3 commentaires

  1. Très belles images.
    Merci Laurent.
    J’aime particulièrement celle où le chakouat nous regarde les pieds ds l’eau.

  2. Merci !
    Oui, beau regard et bon souvenir ! ☺

  3. Ping :Un martin-pêcheur à la Réunion ? (article de ce site)

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